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La pression est forte pour les fruits et les légumes suisses

© Pour le directeur de Swisscofel Marc Wermelinger, la branche doit changer profondément sa communication envers les consommateurs.

Swisscofel en assemblée générale à Berne

(16.05.2018/ LD) - La politique agricole, le libre-échange et l’utilisation de phytosanitaires étaient les thèmes chauds de la 18e assemblée générale de l'Association Suisse du Commerce Fruits, Légumes et Pommes de terre (Swisscofel).

«Il est compréhensible que la Suisse veuille conclure des accords bilatéraux, mais la stratégie de Johann Schneider-Ammann consistant à utiliser l’agriculture comme monnaie d’échange peut surprendre.» Dans son discours d’introduction, le président de Swisscofel Jacques Blondin a donné le ton, lors de l’assemblée générale qui s’est déroulée hier à Berne.

Selon lui, il faut se concentrer sur le système actuel de gestion des importations de fruits, légumes et pommes de terre. «C’est la seule mesure protectionniste à disposition, déclare-t-il. Sans elle, la production nationale sera vouée à l’échec.»

Le directeur de Swisscofel Marc Wermelinger a également abordé le thème sensible de la suppression de la protection à la frontière. «On ne devient pas plus compétitifs en supprimant les droits de douane, estime-t-il. Par contre, la compétitivité serait notamment renforcée si la Suisse introduisait des mesures d’encouragement similaires à celles mises en place par l’Union européenne, ou si les mêmes crédits d’investissement étaient octroyés pour la culture, la transformation et la commercialisation.»

Autre point d’importance abordé : l’information aux consommateurs. Ceux-ci doivent pouvoir comprendre et identifier la valeur ajoutée des produits, condition sine qua non pour qu’ils acceptent de payer des prix plus élevés.

Négocier et ne pas « tout accepter »
Concernant le libre-échange, Marc Wermelinger a pris l’exemple du Marché commun du Sud (Mercosur) et du récent voyage de Johann Schneider-Ammann accompagné d’une délégation suisse. Il a estimé positif que l’on ne s’arrête pas à des préjugés sur les méthodes de production prétendument pauvres dans ces pays.

Ces rencontres ont permis de se rendre compte que les membres du Mercosur ne souhaitaient pas écraser la concurrence agricole suisse, mais avaient comme objectif de développer durablement les relations commerciales. « Négocier signifie expliquer et écouter, mais cela ne veut pas dire « tout accepter », a-t-il ajouté. Ceux qui refusent de parler et donc de négocier sont tenus à l’écart et sont donc perdants.»

Problèmes de communication
Les deux initiatives en lien avec l’utilisation de phytosanitaires ont logiquement été abordées, tant il s’agit là d’un thème important pour la branche. Jacques Blondin a suggéré de repenser fondamentalement la communication car, selon lui, une grande partie de la population a une image ne correspondant pas à la réalité. «Ce n’est pas toujours  facile d’avouer que notre communication avec les consommateurs ne fonctionne pas», a-t-il déclaré.

Ainsi, il conviendrait de parler plus fréquemment des nombreuses améliorations qui ont été faites, que ce soit au niveau de la qualité des produits ou sur les questions environnementales et écologiques, ce que la branche a parfois oublié de faire par le passé. Pour le président de Swisscofel, il est essentiel de corriger cela en reprenant le contrôle de la communication.

Par ailleurs, des changements ont eu lieu au sein du comité de direction de Swisscofel. Suite à la démission de Christian Sohm, Rahel Bonny de Terraviva a pris sa place en tant que représentante des produits bio. Le siège de l’ancien conseiller national Yannick Buttet reste quant à lui vacant à l’heure actuelle.

LID/AGIR

www.swisscofel.ch/fr/

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