Vacherin Mont-d’Or AOC : une promotion efficace mais coûteuse !

Assemblée des délégués de l'Interprofession du Vacherin Mont-d’Or AOC

26.07.2012
Vincent Bailly / AGIR

Philippe Berthoud (à gauche), président de l'IP VMO et Pascal Monneron, gérant.

© Vincent Bailly / AGIR

L’Interprofession du Vacherin Mont-d’Or AOC a tenu jeudi son assemblée des délégués à Gimel (VD). Avec une production en hausse de 7,4% à 564 tonnes, une belle croissance des exportations en France, une ouverture du marché anticipée et une forte augmentation des dégustations, l’exercice 2011-2012 a été qualifié de bon par les dirigeants de l’interprofession. Seul point noir au tableau, la campagne de promotion a fait s’envoler les charges. L’exercice boucle ainsi sur une légère perte.

« Le début de saison a été tout bonnement formidable avec une hausse de près de 40 tonnes (+11,5%) des ventes. Mais passée cette entrée tonitruante, la fin de saison fut beaucoup plus calme sans être franchement mauvaise », commente Philippe Berthoud, président de l’Interprofession du Vacherin Mont-d’Or AOC, lors de l’Assemblée des délégués qui s’est tenu dans le village de Gimel (VD). Au final, les chiffres sont dans la moyenne haute avec une production globale atteignant 564,4 tonnes, soit une hausse de 7,4% (+ 38,8 tonnes) par rapport à l’exercice catastrophique 2010-2011.

Une bonne stratégie

Afin d’encourager les ventes dès le début de la saison, Pascal Monneron, gérant de l’interprofession, a planifié une stratégie sur deux axes. Premièrement, une ouverture anticipée du marché avant le Jeûne fédéral, action qui a permis aux consommateurs d’acquérir le précieux fromage en avance. Une initiative qui a « cartonné » selon Philippe Berthoud. Deuxièmement, l’organisation, le 24 septembre 2011, de la 15ème Fête du Vacherin Mont-d’Or qui, grâce à un soleil généreux, a accueilli 5’000 participants. « Pour la première fois, nous avons confié à une agence spécialisée la communication du lancement de la saison. Pari réussi ! Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas autant parlé de notre Vacherin dans les médias ! », souligne satisfait Pascal Monneron. Les deux mesures seront reconduites en 2012.

De l’image au palais

« Après une médiocre saison 2010-2011, nous avons décidé de modifier nos activités promotionnelles en diminuant celles consacrées à l’image du produit et en augmentant principalement les dégustations sur les points de vente », précise le gérant. Ainsi, l’IP a mis sur pied plus de 210 jours de dégustations, soit une augmentation de 50% par rapport à l’exercice précédent. Toutes les régions de Suisse ont été visitées : « Nous avons ainsi pu percer sur le marché tessinois qui ne connaissait pas vraiment notre fromage », ajoute-t-il. Le Vacherin Mont-d’Or a également été présent lors de diverses foires et manifestations suisses (Comptoir suisse, OLMA, Gourmesse, etc.) ou étrangères, tel que le salon Anuga à Cologne en Allemagne.

Exportation en hausse mais…

Malgré la force du franc suisse, le Vacherin Mont-d’Or AOC a vu ses exportations globales augmenter de 13% pour s’établir à 48 tonnes. S’accaparant toute la croissance, la France a consommé à elle seule 39,7 tonnes soit une augmentation de 20% et ce, malgré la présence de plus en plus marquée de son concurrent direct français le Mont-d’Or AOC. Les autres destinations, totalisant 8 tonnes de fromages, ont toutes vu leurs exportations fléchir: USA-Canada (-6%), Allemagne (-17%) et Japon (-28%). Seule l’Italie résiste avec une croissance de 12%.

Une promotion coûteuse

« Si les chiffres sont nettement moins rouges que l’année dernière, ils ne me satisfont pas du tout ! », commente Philippe Berthoud après la lecture des comptes de l’interprofession. Et de compléter : « Cela fait plusieurs années que nous grignotons nos réserves. Cette situation ne peut plus durer il faut faire quelque chose ! ». En cause, l’augmentation croissante des dépenses liées à la promotion du fromage. Un nouveau site Internet, le sponsoring du Lausanne Hockey Club (LHC), des spots diffusés sur le réseau télévisé des grands magasins (Adscreen) ou sur la télévision nationale, une forte croissance du nombre de dégustations, la présence dans les foires et manifestations, toutes ces opérations et supports promotionnels ont prouvé leur utilité au vu des chiffres enregistrés mais ils ont un coût. « Un coût que nous ne pouvons plus assumer en l’état », commente Pascal Monneron. Ainsi, le comité de l’IP va, dans le courant de l’année, se pencher sur l’ensemble des charges de fonctionnement et de promotion pour en réduire l’impact. « Malgré une perte de près de 7’400 francs cette année, nous n’envisageons pas une hausse des cotisations, pour le moment. Le budget 2012-2013 est équilibré même s’il ne permet aucune surprise », souligne le président.

VB/AGIR

 www.vacherin-montdor.ch