Espace revue de presse

Agir maintenant !

Impact des déchets en milieu agricole

Problème récurrent

De nombreuses familles paysannes ont pris contact avec leur chambre d'agriculture et l’Union suisse des paysans et ont confirmé l’ampleur croissante du problème du littering et la nécessité de prendre des mesures.

Pourquoi l’Union suisse des paysans lance-t-elle cette campagne maintenant ?

Durant l’été 2012, six bovins avaient trouvé la mort dans le canton de Soleure, vraisemblablement après avoir ingurgité des résidus de canettes en aluminium broyées lors du fauchage et qui se sont retrouvées dans le fourrage. Dans la foulée, de nombreuses familles paysannes ont pris contact avec les chambres cantonales d’agriculture et l’Union suisse des paysans, auxquelles elles ont confirmé l’ampleur croissante du problème et la nécessité de prendre des mesures. Le problème n’est pas tout à fait nouveau : depuis des années, l’Union suisse des paysans propose dans son assortiment un panneau d’information remerciant les promeneurs et les propriétaires de chiens (les fourrages contaminés par les déjections canines représente encore un autre problème) de ne pas souiller, ni polluer les terres agricoles.

Depuis lors, certaines chambres cantonales d’agriculture ont mené des actions contre les déchets jetés dans la nature. Les médias ont encore rapporté d’autres cas d’animaux malades ou morts. Avec ses instruments, l’Union suisse des paysans veut permettre à tous les agriculteurs concernés de faire passer le message aux abords de leur exploitation, contribuer à réduire la quantité de déchets jetés dans la nature et sensibiliser un large public en collaboration avec la CI pour un monde propre (IGSU).

Cela fait six ans que la CI pour un monde propre mène campagne contre l’abandon de déchets en Suisse à travers des mesures de sensibilisation les plus diverses. Pour lutter contre les déchets sauvages, la CI pour un monde propre envoie ses ambassadrices et ambassadeurs dans les lieux publics et les écoles pour sensibiliser par des contacts directs la population et les élèves, et elle propose aussi des affiches et des conseils aux communes, aux villes et aux écoles. La lutte contre les déchets sauvages s’est concentrée sur les régions urbaines jusqu’ici, mais la CI pour un monde propre veut à présent renforcer son action dans les zones rurales, de concert avec l’Union suisse des paysans.

Peut-on vraiment faire quelque chose contre les déchets sauvages ?

L’abandon de déchets constitue un problème de société en général : les gens ont de moins en moins conscience qu’ils portent une part de responsabilité pour ce qui se passe dans l’espace public. Du coup, aussi dans l’agriculture, on ne sait pas trop par comment s’y prendre. L’expérience montre que c’est un ensemble de mesures qui s’avère le plus efficace. L’action devra s’articuler autour de la devise « sensibiliser – ramasser – sanctionner ». Il est important de ramasser les déchets qui traînent déjà par terre, car la saleté attire la saleté. Les trois piliers de cette devise posent aussi les bases afin d’améliorer la situation dans les régions rurales.

Et que fait l’USP ?

Pour lutter contre les déchets abandonnés dans la nature, l’Union suisse des paysans veut appliquer la devise « sensibiliser – ramasser – sanctionner ». Elle a développé divers instruments d’information et de sensibilisation dans le cadre de son opération « Ensemble pour une campagne propre ! ». Un nouveau panneau à placer au bord des chemins pour sensibiliser les promeneurs au problème des déchets et pour demander aux maîtres de ramasser les crottes de leurs chiens. Un autre panneau à placer en bord de route que les agricultrices et agriculteurs peuvent installer pendant un certain temps dans les champs concernés. Et pour finir, une mini-brochure qui aborde de manière générale les bons gestes à adopter à la campagne. La CI pour un monde propre a encore créé d’autres instruments en collaboration avec l’agriculture : elle a réalisé un nouveau sujet, adapté au monde rural et aux problèmes de l’agriculture, pour sa série d’affiches gratuites, ainsi qu’un panneau représentant une vache.

L’Union suisse des paysans veut aussi plus souvent sanctionner les « pollueurs ». Au moyen d’une initiative parlementaire, le directeur, Jacques Bourgeois, demande d’introduire un nouvel article dans la loi fédérale sur la protection de l’environnement, pour que le fait de jeter ou d’abandonner des déchets hors des endroits prévus à cet effet devienne une infraction. Par ailleurs, le Conseil fédéral est prié de fixer le montant minimal de l’amende pour ces infractions. Certes, l’amende ne résoudra pas tout : il n’y a pas assez de policiers en Suisse pour cela, et ils ont de toute façon autre chose à faire. Elle peut cependant provoquer une prise de conscience quant à la nature délictuelle du geste et, par conséquent, avoir un effet dissuasif au-delà des personnes qui se verront infliger une amende.

L’Union suisse des paysans participe aussi à la table ronde de l’Office fédéral de l’environnement, qui est consacrée à la lutte contre les déchets sauvages. Dans ce cadre, les participants discutent et ouvrent la voie à de nouvelles pistes de solutions, comme un code de conduite pour réduire les matériaux d’emballage ou un système de bonus/malus destiné aux vendeurs de repas à l’emporter et à la restauration rapide, des taxes d’élimination anticipée et d’autres idées, p.ex. à propos du fâcheux problème des cigarettes.

La collaboration avec la CI pour un monde propre va aussi se poursuivre. A titre d’exemple, l’association « L’école à la ferme » va s’adjoindre le concours des ambassadeurs de la lutte contre les déchets sauvages pour penser à la manière la plus judicieuse d’intégrer le thème « déchets sauvages et agriculture » dans son offre.

Quant au deuxième volet de la devise, à savoir ramasser les détritus, cela restera la corvée des familles paysannes. Nous espérons toutefois qu’elles auront désormais moins de travail grâce à l’ensemble de nos mesures.

2222articles
aller au panier