Séance d'information sur les nitrates dans l'eau potable
De l'herbage pour sauver les eaux(26.05.04/BM) Garantir des réserves d'eau souterraines suffisantes en qualité et quantité destinées à l'alimentation. Tel a été l'objet de la séance d'information organisée par le canton de Fribourg (Direction de l'aménagement, de l'environnement et des constructions et Direction des institutions, de l'agriculture et des forêts) ce matin, à Fétigny près de Payerne. La stratégie fédérale de réduction des nitrates d'origine agricole, la démarche, ainsi que l'application communale (avec l'exemple du puits des Danaïdes à Fétigny) a retenu l'attention de plus d'une centaine de représentants des communes fribourgeoises.
C'est l'histoire d'un puits dont l'eau contient 62 mg/l de nitrates et qui doit fermer, la législation fédérale imposant de ne pas dépasser 40 mg/l de nitrates dans l'eau potable. La commune de Fétigny, par son Conseil communal, décide d'abandonner le puits des Danaïdes pour s'approvisionner auprès de la commune de Payerne. Intervient alors l'agronome Pierre Julien avec, dans sa poche, un programme de dénitrification dont la plupart des frais peuvent être pris en charge par la Confédération. Le Conseil communal se ravise et accepte de s'engager dans un projet de réduction des nitrates en deux temps. Dans les 6 premières années (c'est-à-dire jusqu'en 2010), il s'agira d'atteindre 40 mg de nitrates par litre et les 6 années suivantes 25 mg.
La clef de la réduction du lessivage des nitrates repose sur une exploitation agricole raisonnable qui comprend deux mesures principales: augmentation de la part des prairies dans les zones sensibles, exploitation des terres assolées restantes dans une rotation minimisant le lessivage des nitrates. Ce qui signifie: pas de surfaces nues en hiver; réduction, voire même abandon du travail du sol; fumure azotée adaptée (quantité et période d'épandage); 50% de prairie temporaire dans la rotation.
L'institut agricole de Grangeneuve s'est chargé de négocier les indemnités dues aux agriculteurs travaillant ces terres. Aujourd'hui, les contrats avec ceux-ci sont signés et les mesures s'appliquent dès l'année culturale 2004.
Grâce à l'article 62a de la loi fédérale sur la protection des eaux (Leaux), les agriculteurs et les fournisseurs d'eau potable peuvent bénéficier d'indemnités fédérales. "Le but de cette loi est d'empêcher le lessivage et le ruissellement de substances indésirables dans l'eau. Les conditions d'application sont triples: nécessité des mesures, notamment faute à une pollution; élaboration d'un programme cantonal d'assainissement; charges économiques des mesures insupportables". Victor Kessler, de l'Office fédéral de l'agriculture, après avoir expliqué quelques ficelles de la Leaux, a annoncé une indemnisation jusqu'à 80 % des coûts imputables aux modifications du mode d'exploitation et aux adaptations structurelles de l'exploitation. Pollution patente en nitrates, élaboration d'un décret et d'un groupe de travail au niveau du canton, retour à une agriculture d'élevage, toutes conditions sont réunies. Ainsi, Jean-Daniel Chardonnens, responsable des eaux de la commune de Fétigny, s'est réjouit du taux de financement confédéral de 79%, auquel s'ajoute 10,5% de participation cantonale pour un projet couvrant 60 hectares devisé à 133'485 francs. Reste une prise en charge communale de 14'000 francs, tout à fait supportable puisqu'elle représente 20 francs annuel par habitant.
"Il faut tordre le cou à cette idée que les paysans sont totalement responsables de la teneur en nitrates de l'eau. Cette teneur donne la valeur filtre du terrain. Nombre d'agriculteurs répondent à toutes les exigences écologiques et présentent néanmoins une teneur en nitrates élevée dans leurs eaux de sous-sol, parce qu'ils ont la malchance de cultiver sur un terrain filtrant…" a tenu a préciser le conseiller d'Etat Pascal Corminboeuf. AGIR
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