En date du vendredi 5 mars, la Chambre jurassienne d’agriculture (CJA) a tenu ses assises à St-Ursanne. Dans son avant-propos, le président Vincent Eggenschwiler a souligné l’importance de la transformation régionale des produits: «Nous sommes persuadés que plus de valeur ajoutée peut et doit rester dans le Jura!».
Avec le «Mot du président», Vincent Eggenschwiler a fait un
tour d’horizon de la situation agricole dans son canton. Au sujet de la valeur
ajoutée, il a rappelé que le Jura ne transforme que 25% de son lait alors que
la moyenne suisse avoisine 50%». La valeur ajoutée par hectare dans le Jura est
d’ailleurs l’une des plus faibles du pays puisqu’elle se situe entre Fr. 1'000
et Fr 1'500.-, bien loin des Fr. 9'000 à Fr. 10'000.- d’autres régions aux
conditions géographiques et météorologiques plus favorables. Dans le
dossier «Lait» très chahuté, le président a mis en évidence la
clairvoyance de ceux – en particulier producteurs – qui ont investi dans les
fromageries. A l’exemple de celle de Develier dont la rénovation et la
diversification ont permis aux producteurs de se positionner dans des créneaux
à satisfaction, comme celles du Noirmont et de Alle qui répondent elles aussi
aux besoins des producteurs et fournissent un produit de qualité. M.
Eggenschwiler constate d’ailleurs qu’aujourd’hui l’écart de prix entre le lait
de fromagerie et celui destiné à l’industrie dépasse 25%.
Dans son rapport d’activité sur l’exercice écoulé, le
secrétaire général Jean-Paul Lachat informe que le canton du Jura comptait en
2009 1'033 exploitations PER, 83 exploitations bio et 51 communautés
d’exploitation; la surface agricole utile (SAU) s’élevait à 40'584 ha. Une météo
favorable a permis des récoltes de foin et de regain de très bonne qualité et
en quantité suffisante. L’absence de longues périodes pluvieuses a favorisé les
pâturages qui ont mieux résisté au piétinement des troupeaux. Les maïs ont été
récoltés dans de bonnes conditions, avec de bons taux de matière sèche; ombre
au tableau, les sangliers qui ont commis des dégâts importants en Ajoie. En
2009, le réseau écologique Vendline-Coeuvatte a passé le cap de sa 4e année
et le Parc naturel du Doubs a obtenu la reconnaissance de la Confédération.
En 2009, la CJA a organisé 50 marchés de bétail en
collaboration avec le service de l’économie rurale. 3'990 animaux, soit 746 de
plus que l’année précédente (+23%) ont été écoulés sur six places de marché:
720 à Porrentruy, 345 à St-Ursanne, 1'342 à Saignelégier, 451 à Delémont et
1'132 à Glovelier. L’augmentation a essentiellement touché les vaches (+ 429),
avec 1'947 bêtes été écoulées représentant 49% des animaux vendus. Bien que
moins important, l’élevage porcin a connu une année difficile en raison de prix
insuffisants mais la production est restée stable. Dans un contexte de crise
économique, la situation du marché des chevaux de loisir s’est dégradée.
L’abandon de la prime fédérale à l’exportation à fin 2009 n’étant pas de nature
à améliorer la situation, un crédit a été accordé au niveau cantonal pour
suppléer partiellement à cet abandon. Une prime cantonale à l’exportation sera
instituée dès la présente année.
La CJA, le Service de l’économie rurale et la Fondation rurale
interjurassienne (FRI) ont décidé de mettre ensemble sur pied
une cellule de crise dont l’objectif est l’accompagnement des exploitations en
difficulté et la recherche de solutions permettant d’améliorer durablement leur
rentabilité et d’assurer leur viabilité. En collaboration avec la Chambre
d’agriculture du Jura bernois, la CJA étudie les lignes directrices d’une
politique de développement rural commune aux deux régions. De leur côté, les
fédérations bovines d’élevage coopèrent efficacement dans la mise sur pied de
manifestations importantes comme l’Arc Expo, l’approbation des taureaux
d’élevage, l’expo des jeunes éleveurs, la liste des chevaux à vendre et, dès
février, l’édition d’un organe commun de communication intitulé «Le
Terrien interjurassien», édité par la FRI.