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Dans la tourmente, les betteraviers se mobilisent pour leurs intérêts

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Fédération suisse des betteraviers en assemblée générale à Berne

Les membres de la Fédération suisses des betteraviers (FSB) ont tenu jeudi 16 mars à Berne leur 33e assemblée des délégués. L’occasion pour le président Josef Meyer de rappeler que l’année écoulée a été marquée par des rendements généralement décevants bien que très variables d’une région à l’autre. Dans son rapport, la gérante Irene Vonlanthen a fait le point sur la mauvaise récolte mais aussi sur la situation du marché du sucre suisse et international ainsi que sur les mesures mises en œuvre pour défendre les intérêts des betteraviers.

Malgré un début de saison 2016 prometteur et des conditions de semis idéales, les mois de mai et juin humides et froids suivis d’un été sec et d’une forte attaque de cercosporiose en automne ont malmené les betteraves. Il en résulte une récolte quantitativement décevante. Au final, les 5’229 betteraviers suisses (parmi lesquels 6 producteurs bio) ont récolté 1,28 million de tonnes de betteraves sur les 19’894 hectares ensemencés, soit un rendement moyen de 64,3 tonnes à l’hectare (32,6 t pour le bio). «Il faut remonter à 2001 pour trouver une récolte aussi mauvaise!», souligne la gérante Irene Vonlanthen dans le rapport annuel de la FSB. Et même s’il y a eu parfois de grandes disparités d’une région à l’autre, puisqu’en Suisse orientale les rendements ont été en moyenne plus élevés de 2 tonnes par hectare qu’en Suisse romande, ces résultats ne sont pas restés sans conséquences pour les sucreries.

Pas assez de sucre suisse en 2016
Avec 17,6% (16,5% pour le bio), la teneur moyenne en sucre a été inférieure à la moyenne des cinq dernières années. En conséquence, les 200’000 tonnes de sucre produites grâce aux betteraves récoltées dans nos champs n’ont pas suffi pour répondre à la demande de sucre indigène. «Une vraie déception, car le marché aurait pu sans problème absorber bien plus de betteraves sucrières suisses, respectivement de sucre», constate Josef Meyer. Et le président de la FSB d’ajouter que s’il est «agréable de pouvoir produire pour un marché qui ne connait pas de problème d’écoulement», les faibles rendements enregistrés en 2016 mettent cependant en danger la rentabilité de cette culture.
Pour améliorer l’approvisionnement en sucre et en pulpe ainsi que la charge de travail des sucreries, Sucre Suisse SA a dû importer environ 46’000 tonnes de betteraves depuis l’Allemagne et l’Autriche.

Politique agricole et protection douanière
Outre les caprices de la météo, les betteraviers suisses ont dû également composer avec les aléas du marché international auxquels ils sont directement exposés. Dans ce contexte anxiogène, les betteraviers ont insisté sur le fait qu’il était urgent de protéger leurs intérêts. Ainsi, suite à la chute dramatique des prix du sucre au niveau international, le Conseil fédéral a relevé à 1‘800 francs la contribution 2016 à des cultures particulières, donc pour la betterave à sucre. Si la FSB a salué cette décision, elle constate cependant que la Confédération refuse toujours, malgré la suppression des quotas et des restrictions à l’export dans l’UE, de modifier la protection douanière pour protéger le marché indigène. La gérante rappelle à ce propos que le directeur de l’Union suisse des paysans (USP) Jacques Bourgeois avait déposé en 2015 une initiative parlementaire demandant l’instauration d’une protection douanière garantissant un prix minimum du sucre. La Commission de l’économie et des redevances du Conseil national (CER-N) est entrée en matière le 14 novembre dernier au sujet de l’initiative.
Toujours pour encourager la culture de betteraves et créer de la valeur ajoutée en Suisse, la FSB et Sucre Suisse SA ont déposé ensemble une requête auprès de la Confédération afin qu’elle soutienne le transport ferroviaire des marchandises de production primaires et, par conséquent, celui des betteraves, informe Irene Vonlanthen.

Sucre IP-SUISSE
Enfin, pour satisfaire les consommateurs soucieux de défendre la production durable, les représentants de la FSB, Sucre Suisse SA et IP-SUISSE ont mis en place en 2016 les conditions nécessaires pour lancer en 2017 une production de betteraves et de sucre bio produits sous label IP-SUISSE. Pour cette première campagne, il est prévu de produire 5’000 t de sucre, soit 32’000 t de betteraves sucrières, ce qui correspond à une surface de betteraves d’environ 400 ha ou environ 100 producteurs.

Ainsi, même si la réforme du marché du sucre européen est un réel sujet d’inquiétude pour les betteraviers suisses, les professionnels sont bien décidés à trouver des solutions pour mettre en valeur leur production. Josef Meyer, en avant-propos du rapport annuel de la FSB, souligne d’ailleurs que cette peur ne doit pas paralyser les représentants de la filière mais au contraire leur donner «la force de prendre les décisions nécessaire pour affronter la situation». Et, petit clin d’œil à la météo, il espère que l’année 2017 apportera «une indispensable bonne récolte» aux betteraviers suisses!

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www.svz-fsb.ch

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