Main Content
Les articles d'AGIR
La défense professionnelle agricole vaudoise mobilisée!
Après les forums organisés cette semaine à Yvorne puis à Assens, Prométerre a donné rendez-vous ce matin à Gland aux agriculteurs de La Côte pour la troisième et dernière rencontre 2016. Une cinquantaine a répondu à l’invitation et le directeur de l’Association vaudoise de promotion des métiers de la terre, Luc Thomas, a invité les participants à intervenir librement lors du tour d’horizon des nombreux sujets abordés. A commencer par les perspectives de la politique agricole 2018-2021 projetées par Berne. Entre la défense du budget, la suppression de la Loi chocolatière et les retombées pour l’économie suisse de l’accord de libre-échange EU - USA (TTIP), Luc Thomas a annoncé que la défense professionnelle agricole vaudoise ne manquera pas de travail lors des années à venir pour sauvegarder les intérêts des agriculteurs et trouver les meilleurs terrains d’entente. Il a précisé aussi qu’il n’y aura pas d’adaptation de la Loi sur l’agriculture pour la période 2018-2021, comme il y en a eu pour la PA 14-17, mais que l’optimisation des mesures d’application à travers les ordonnances va se poursuivre.
L’initiative de l’Union suisse des paysans «Pour la sécurité alimentaire » ne manquera pas non plus d’occuper la profession. La campagne, a rappelé Luc Thomas, nécessitera en effet une forte mobilisation du monde paysan. «Il faudra non seulement aller au-devant des citoyens et les convaincre mais également chercher l’appui de personnalités.»
Valoriser les filières et produits de proximité
Christian Aeberhard, adjoint de direction, a présenté les différents projets cantonaux pour les filières. Il a notamment évoqué le dossier du développement des abattoirs de proximité, une structure qui, a-t-il expliqué, permet à la filière artisanale de la viande de fournir des produits de qualité avec une haute valeur ajoutée, de maintenir une capacité d’abattage bien répartie sur le territoire et de réduire les coûts d’abattage.
Toujours dans l’objectif de valoriser les produits de proximité, Christian Aeberhard a fait le point sur le développement de la plateforme destinée à la restauration collective, un projet mené par Prométerre sur mandat du SAVI. Plusieurs opérations sont en cours auprès des producteurs: séances d’information dans les régions; création d’une plateforme virtuelle via Internet; organisation de rencontres entre producteurs et cuisiniers à l’échelle régionale et recensement des besoins et contraintes au niveau des différentes filières de production.
Côté promotion, les Maisons régionales des vins et du terroir sont également une vitrine privilégiée pour la production viticole et l’économie agro-alimentaire de proximité. Mais Prométerre souligne que la réalisation de telles structures nécessite des emplacements visibles et facilement accessibles, l’engagement des producteurs, une volonté politique et des moyens financiers importants, ainsi qu’un partenariat privé et public et des synergies régionales.
Autour des labels…
Alors que la différenciation des produits agricoles par un label cantonal a été prévue dans la législation dès 2011, a rappelé Christian Aeberhard, la démarcation des produits du terroir vaudois est principalement le fait de ProTerroir avec la marque privée Terre Vaudoise appartenant à Prométerre. Celle-ci compte actuellement environ 120 producteurs et 450 produits en 2015. Dans ce cadre, l’association a une ambition claire avec le développement de Terre Vaudoise et d’un cahier des charges crédible. Mais, en parallèle, Prométerre est aussi en discussion avec l’Etat qui a l’intention d’enregistrer un véritable label cantonal, propriété du Canton de Vaud (art. 26 LVLAgr) qui pourrait remplacer à plus ou moins court terme la marque collective privée de Prométerre. Cependant, comme l’a expliqué l’orateur, tout cela nécessite de mettre sur pied une véritable stratégie cantonale de marque qui devrait bénéficier de la force de frappe d’une promotion vaudoise renforcée et coordonnée sous l’égide d’une marque ombrelle ambitieuse… Affaire à suivre.
Prestations agro-environnementales
A travers la présentation de quatre Projets ressources: Ammoniac Vaud; Agriculture et pollinisation; Irrigation; et Imagerie et robotique, Claire Meugnier a rappelé l’importance et la nécessité de ces différentes opérations pour préserver les ressources naturelles et réduire l’impact agro-environnemental. La conseillère agricole a également souligné que ces projets permettent d’améliorer l’efficience économique et technique et pouvaient également déboucher sur des protocoles de recherche appliquée.
Fiscalité et prévoyance professionnelle
En dernière partie du forum, Philippe Rossy a parlé de Sofia SA qui fête ses dix ans d’existence cette année. Une bonne occasion de faire un petit bilan sur cette société de financement agricole qui a pour objet d’améliorer les conditions d’accès au crédit hypothécaire pour les exploitants agricoles vaudois en accordant des prêts à taux fixes. Au 31 janvier de cette année, le montant cumulé des 346 prêts payés est de 128'368'709.00 francs, alors que le montant cumulé des prêts remboursés s’élève à 10'920'930.00. Et le directeur de Sofia SA de préciser encore que cette structure est aussi toujours à disposition des agriculteurs pour leur donner tous les renseignements utiles.
Enfin, le directeur du service juridique de Prométerre, Daniel Gay, a pris le relai pour parler de la prévoyance professionnelle facultative, expliquer à quoi elle sert, à qui elle s’adresse et comment elle s’applique.
Le mot de la fin!
Avant de passer à une partie plus récréative avec l’apéritif et le repas, le président de Prométerre, Claude Baehler, a pris la parole pour rappeler le rôle essentiel que joue Prométerre. «Elle est par exemple très active auprès de nos politiciens cantonaux et nationaux et auprès d’organisations comme le Centre patronal. Elle a développé une collaboration très forte avec le SAVI, autant dans les projets à venir que dans la gestion des crédits. Notre association est reconnue et écoutée sur l’ensemble de l’échiquier national», s’est-il félicité avant de lever la séance pour entamer avec les nombreux agriculteurs présents un dialogue sur les différents sujets abordés.
AGIR
