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La défense professionnelle en prise avec l’actualité agricole
En ouverture de l’assemblée des délégués de Prométerre, qui a réunis quelque 150 personnes ce 18 mai à Ballaigues, Claude Baehler est tout de suite entré dans le vif du sujet en abordant les sujets d’actualité qui mettent l’agriculture sous pression et viennent s’ajouter aux nombreuses difficultés que rencontrent quotidiennement les chefs d’exploitation vaudois. Le président a commencé par évoquer les dramatiques épisodes de gel ayant provoqué en plusieurs endroits du canton la destruction de plusieurs hectares de semis de betteraves, de rames de pommes de terre ainsi que d’une grande partie des fruits et de la vigne: «Ce phénomène, exceptionnel dans son intensité et sa durée, nécessite un inventaire précis des dégâts et des propositions de mesures nationales se font jour pour les exploitations en manque de liquidités ou mises en péril économiquement», a souligné le président de Prométerre qui a passé en revue les principales mesures actuellement à l’étude. Il a également précisé que l’Union suisse des paysans proposait de recenser toutes les données, de mener une communication centralisée et, à terme, de solliciter un soutien exceptionnel de l’Etat.
Concernant la crise du lait, Claude Baehler a rappelé que l’Union suisse des paysans a créé au début de cette année un groupe de travail visant à coordonner les démarches entreprises par les différents acteurs de la filière pour revaloriser le prix du lait d’industrie. Présent à Ballaigues, le conseiller d’Etat Phlippe Leuba a informé, pour sa part, que le Canton travaillait actuellement, en collaboration avec les acteurs concernés, sur trois chantiers spécifiques qui feront l’objet d’une présentation à la fin de cette année.
Imposition des immeubles agricoles et sylvicoles: retour sur une injustice...
Pour sa part, Luc Thomas a longuement évoqué le dossier de la fiscalité agricole. «Lors d’une séance tenue en début de semaine, la Commission de l'économie et des redevances du Conseil National a mis fin à nos derniers espoirs de voir le Parlement rectifier l’arrêt du Tribunal fédéral sur l’imposition des immeubles agricoles», a précisé le directeur qui est ensuite revenu sur les différents épisodes de cette affaire et sur l’engagement de la défense professionnelle pour combattre «une injustice» faite aux agriculteurs qui remettent leur domaine et qui se voient gravement pénalisés par un alourdissement du régime fiscal. Et malgré cette «sévère défaite pour l’agriculture», Luc Thomas a annoncé à l’assemblée que la balle était désormais dans le camp du canton de Vaud: «Nous avons la chance de pouvoir compter sur le soutien de nos autorités, Grand Conseil et Conseil d’Etat, qui ont pris la mesure de l’injustice engendrée par l’arrêt du Tribunal fédéral».
Philippe Leuba a affirmé que le Canton examinera toutes les mesures qui pourront être mises en œuvre dans le cadre de la faible marge de manœuvre que laisse la législation fédérale. «C’est dans le traitement individuel des dossiers qu’un très gros travail nous attend, pour conseiller à la fois ceux qui ont été piégés par l’arrêt du TF et dont la taxation a été suspendue et ceux qui ont mis leurs projets en attente des conclusions politiques de l’affaire», avertit Luc Thomas qui précise par ailleurs que chaque cas allait faire l’objet d’un examen minutieux afin d’identifier les solutions les plus avantageuses.
Sécurité alimentaire
Autre grand défi pour les agriculteurs, la votation, le 24 septembre prochain, du contre-projet du Parlement relatif à la sécurité alimentaire. Le directeur de Prométerre a appelé l’assemblée à se mobiliser, à s’engager à fond dans cette campagne pour convaincre la population vaudoise de soutenir massivement cet objet: «L’inscription de la sécurité alimentaire dans la Constitution constituera un atout lorsqu’il s’agira de défendre une vision de l’agriculture qui (re)valorise sa fonction nourricière et la dignité de ceux qui en vivent», a-t-il souligné avec vigueur, précisant que cette démarche sur le long terme «vise à baliser la voie dans laquelle la politique agricole doit s’inscrire».
AGIR
