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La Fédération des sociétés fribourgeoises de laiterie en assemblée générale à Neyruz
En avant-propos du rapport d’activité de la Fédération des sociétés fribourgeoises de laiterie présenté lors de l’assemblée générale qui a eu lieu aujourd’hui à Neyruz, André Brodard est revenu sur les difficultés rencontrées par les producteurs suisses de lait de centrale. «Il est temps que les consommateurs comprennent que payer un litre de lait meilleur marché qu’un litre d’eau minérale contribue à l’appauvrissement de notre capacité à produire des aliments de qualité pour notre population suisse», a souligné le directeur qui a repris les rênes de la FSFL l’été dernier. Relevant que, malgré une légère amélioration sur les marchés internationaux entraînant une hausse mondiale des prix à la production et une production indigène de lait en baisse de 1,5% en 2016, le directeur constate que «la situation des producteurs suisses de lait de centrale ne s’est fondamentalement pas améliorée».
Gestion des quantités
Passant ensuite du plan national au plan fribourgeois, le directeur s’est plus particulièrement exprimé sur la gestion des quantités. Dans ce cadre, il a remercié les producteurs concernés par la réduction de 10% des quotas de Gruyère AOP d’avoir respecté les consignes de la Fédération de ne pas produire le lait correspondant à cette restriction. Mais, dans un contexte plus global, André Brodard a rappelé que l’augmentation des quantités de lait produites en début d’année 2016 avait provoqué de multiples réactions au sein de la filière, certains demandant une gestion stricte, alors que d’autres préconisaient plutôt une production libre. Cependant, pour le directeur, une telle question n’est possible que si «tous les acteurs tirent à la même corde… et le marché suisse, très ouvert, ne favorise pas une telle pratique, au contraire d’un seul marché fermé qui permettrait la détermination d’une quantité globale de lait à produire».
Revenant sur le règlement pour la gestion des quantités adopté le 1er mai 2009, André Brodard a précisé que chaque producteur bénéficie d’un droit de production et que ce dernier lui est mis à disposition sans qu’il en devienne propriétaire. Ainsi, lorsqu’un producteur cesse son activité, sans que son exploitation soit transmise ou reprise, son droit de livraison retourne à la fédération qui le remet à disposition de la société de laiterie concernée. C’est à cette dernière d’effectuer la répartition entre ses sociétaires et non à la fédération, a rappelé le directeur. Et celui-ci d’en appeler à une meilleure communication au sein des sociétés de laiterie concernant ces répartitions de lait pour éviter les querelles entre sociétaires. Il a aussi encouragé les sociétés à ne pas réintroduire une valeur financière à ces droits de livraison en éditant de nouveaux règlements internes de répartition des quantités «ce qui irait à l’encontre de l’esprit d’équité voulu par la fédération».
La FSFL en chiffres
En 2016, la fédération regroupait 1'344 producteurs parmi lesquels 184 producteurs individuels, soit une augmentation totale de 105 membres par rapport à 2015. Le nombre de sociétés de laiterie a passé de 144 unités en 2015 à 155 l’année dernière; progression aussi pour les fromageries qui étaient 81 en 2016 contre 69 l’année précédente. En revanche, la FSFL compte actuellement 36 fabricants d’alpage, soit deux de moins qu’en 2015.
Côté production, la quantité totale de lait livrée par les membres de la FSFL s’est établie à 290'815’540 kg, dont 129'781’894 kg (44,6%) pour les industries et 161'033’646 kg (55,4%) pour les fromageries. Quant aux livraisons totales de lait des organisations et producteurs gérés par la FSFL en 2016, elles se montent à 390'978’220 kg (378'462'469 kg en 2015) dont 172'398'658 kg pour les fromageries. Entre 2006 et 2016, le nombre de producteurs a régressé de 12,6% et, pendant la même période, les livraisons moyennes de lait par producteur ont passé de 156'736 kg à 216'380 kg. Un chiffre à mettre en relation avec la moyenne suisse qui était l’année dernière de 158'045 kg par exploitation.
AGIR
